Un traducteur spécialisé… en tout

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Se positionner est une étape importante dans la démarche professionnelle du traducteur. La spécialisation est un moyen d’affirmer son expertise.

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Lorsque l’on fait ses premiers pas en traduction, il n’est pas forcément évident de délimiter un champ d’action. Le traducteur débutant a tendance à accepter tous les projets qui s’offrent à lui. C’est vrai qu’il est difficile de refuser un travail, mais il faut avant tout s’assurer que l’on dispose bien des compétences nécessaires pour mener son projet à bien. Faute de quoi, dans le cas de jeunes traducteurs consciencieux, il ne s’agira au mieux « que » de perdre du temps en vérifications et recherches (cela fait partie de notre formation continue). Par contre, dans certains cas regrettables, cela peut définitivement nuire à l’image d’un traducteur qui croit avoir compris mais, faute de vérifications ou de connaissances, n’a pas rendu le sens correct.

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Se spécialiser, c’est non seulement assurer son client que l’on connaît son sujet mais aussi que l’on ne fait pas tout et n’importe quoi. Bien entendu, cela peut fermer des portes mais le sérieux et le gage de qualité sont des atouts indéniables.

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Prenons l’exemple d’un courrier que j’ai reçu il y a peu. Un traducteur me propose ses services (dans un courrier totalement impersonnel, mais c’est un autre sujet) et se présente comme un spécialiste dans une liste impressionnante de domaines, allant du médical au juridique en passant par le tourisme, la banque et l’aérospatial, entre autres.

Comment le prendre au sérieux ?

Je ne doute pas qu’il ait produit des traductions dans ces différents domaines, mais cela en fait-il un spécialiste pour la cause ?

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De même, un traducteur indépendant qui propose, à lui seul quatre langues sources et cibles dans toutes les combinaisons possibles, personnellement, cela ne me met pas en confiance.

Pour exemple, nous (je travaille avec mon époux) travaillons de l’anglais et de l’italien vers le français et nous sommes spécialisés dans différents domaines techniques (parce que mon mari a une carrière professionnelle impressionnante dans différents secteurs de l’industrie) et dans la communication d’entreprise/formations (en raison de ma passion pour les formulations et la communication). J’envisage de me documenter sur le tourisme car nous habitons dans une région particulièrement touristique. J’aurais pu m’orienter sur l’œnologie, très prisée aussi dans la région, mais mes connaissances de base me semblent insuffisantes et le sujet ne me passionne pas actuellement.

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Se spécialiser, c'est aussi cibler ses clients.
Se spécialiser, c’est aussi cibler ses clients.

Afficher une spécialisation, ce n’est pas un risque de réduire le nombre de ses clients, c’est une chance de mieux les choisir et de faire ce que l’on aime, à un tarif correct.

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Et vous, quelles sont vos spécialisations ? Y avez-vous déjà pensé ? Comment les avez-vous choisies ?

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4 Réponses

  1. Très intéressant ton post Manu, pour moi qui suis en train de refaire mon CV je suis en train d’étudier très sérieusement la question, ce qui m’amène à faire un point également sur tous les secteurs que j’ai traduits depuis ces dernières années, de faire des regroupements, etc.
    Je suis entièrement d’accord qu’une liste de spécialités ne rime à rien et qu’en n’en choisissant que quelques-unes cela n’empêchera pas non plus de pouvoir travailler sur d’autres sujets. Parfois, j’avoue hésiter entre le secteur dans lequel j’ai le plus travaillé en tant que traductrice (Communication-presse, horlogerie et Mode-textile) ou bien celui dans lequel j’ai travaillé avant d’être traductrice (logistique par exemple)… Je penche plus pour le 1er, car la traduction de ces secteurs m’a amenée à me documenter davantage au niveau du vocabulaire, etc. Mais cela dit, les deux peuvent être compatibles ! 🙂

    • Tu as entièrement raison, Emilie. L’expérience professionnelle que tu as accumulée dans ta première carrière peut évidemment être valorisée. Tu as acquis des connaissances sérieuses et tu maîtrises le sujet. Par la suite, tu as eu l’opportunité de découvrir de nouveaux domaines dans le cadre de la traduction et cela t’a poussée à te documenter, à apprendre (c’est ce que je trouve passionnant dans ce métier). C’est une autre forme de spécialisation.
      Ceci dit, les derniers échanges que j’ai eu avec des collègues me laissent à penser qu’il est vraiment capital de délimiter précisément son champ d’expertise, surtout lorsque l’on s’adresse au client direct.
      C’est pourquoi, dans un premier temps, je crois qu’il serait bénéfique de préparer deux, voire trois, CV différents, axés sur une spécialité.
      Merci de ton intervention, Emilie.

  2. René Job Wangho

    Bonjour Manuela,
    Une fois encore je suis émerveillé par ce post. C’est justement mon cas. Depuis que j’ai terminé ma formation en 2012, cela fait quatre années que je traduis tout ce qui me tombe dans la main. J’ai finalement compris que la spécialisation en une ou deux spécialités sera très bénéfique pour moi.
    Mon véritable souci aujourd’hui est de rencontrer quelqu’un qui peut me suivre (mentorat) afin que dans les années à venir que je traduise uniquement dans ces spécialités.
    Parcourant votre site et en lisant vos posts, je constate très facilement que vous êtes spécialisée en tourisme et traduction technique.
    La question qui brûle mes lèvres est celle de savoir comment faire pour bénéficier de ton mentorat ?
    Je voudrais vraiment me faire suivre, accompagner, professionnaliser et spécialiser.

    • Merci encore René,
      Comme je vous l’ai dit par e-mail, je suis mentor sur ProZ.com. Malheureusement, ce programme n’est accessible qu’aux membres Proz.com (payants).
      Cependant, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous envisageons de plus en plus sérieusement de proposer des formations et accompagnements pour les traducteurs. Nous devons encore discuter du concept à mettre en place, pour répondre justement à des demandes telles que les vôtres (suivi, accompagnement, définition les objectifs et des solutions à mettre en œuvre pour les atteindre, …), mais nous vous tiendrons au courant.
      Bonne continuation.

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