Une mauvaise foi inimaginable

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Comment réagir face à un client qui fait preuve de la pire mauvaise foi ? Comment garder son calme lorsqu’une envie de meurtre s’incruste dans notre esprit ? Faut-il en rire ou en pleurer ? Je serais vraiment ravie de connaître votre avis.

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Pas besoin de détailler notre relation, entre elle et moi, les échanges étaient cordiaux, presque amicaux, sympathiques et sans jamais la moindre prise de tête.

Depuis quelques temps, les commandes se font plus rares. Oh, rien à voir avec la qualité de mon travail, c’est juste qu’elle n’a plus autant de contrats à me proposer.

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Ma petite voix, celle qu’on devrait toujours écouter et dont les conseils sont tellement avisés, me met en garde : notre chère E. semble en mal de clients, elle se plaint de relations difficiles avec certains d’entre eux et enfin, mais c’est loin d’être anodin, sa désorganisation est de classe olympique… peut-être serait-il judicieux de mettre un terme à notre collaboration.

Malheureusement, un démon tentateur se presse à l’autre oreille lorsque notre cliente nous propose un nouveau contrat. Il est quand même question d’un volume relativement important. On arrêtera la collaboration après cet ultime contrat !

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Quel que soit le film, c’est pourtant bien connu, ce n’est pas le premier pas qui coûte, mais bien le dernier. C’est toujours lors du dernier casse que le cambrioleur se fait pincer. C’est évidemment lors du baiser d’adieu que l’épouse adultère se fait repérer par une « bonne copine ». C’est lors d’un voyage qu’il ne voulait pas faire que le héros se trouve au cœur d’un détournement d’avion. Et là, on se dit tous : « l’imbécile aurait dû se fier à son intuition ! ».

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Bref, après avoir ignoré ma petite voix, effectué le travail, envoyé la facture et attendu le paiement, je contacte ma cliente, comme toujours avec le sourire, pour lui rappeler ses engagements.

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TENTATIVE 1 : La dame commence par m’expliquer que je me trompe, puisque le paiement a été effectué anticipativement.

Ai-je signalé que notre chère E. souffre de troubles chroniques de l’organisation ?

Ce n’est pas mon cas. Je lui envoie, quelques minutes plus tard, les preuves des derniers paiements reçus qui correspondent à des paiements en retard, et non anticipés !.

TENTATIVE 2 : Elle m’explique que le retard est dû au retard de paiement de son client. Toujours souriante et compréhensive, je lui demande de faire pour un mieux et de me tenir informée.

Comme le paiement n’arrive pas après presque un mois, je la contacte de nouveau, et toujours pleine de compréhension. Je lui explose la situation sur un autre angle : IMAGINONS que je sous-traite mes traductions. La personne qui doit me livrer est en retard, plus de nouvelle. Tu en as besoin, E., je comprends. Mais ne t’inquiète pas, je te l’enverrai dès que j’aurai été livrée. Perso, je trouverais cela inadmissible. Elle aussi, probablement !

Est-ce ma faute ?
Est-ce ma faute si mon client ne me paie pas ??? Franchement !

TENTATIVE 3 : Est-elle morte?  Il semble, puisqu’elle ne répond plus à mes messages.

Toujours très cordialement, je la préviens qu’en raison de son absence de réponse, je me vois dans l’obligation de le signaler sur ProZ.

TENTATIVE 4 : La culpabilisation. Non mais franchement, m’écrit-elle, les menaces ne font pas apparaître les sous par magie, je devrais le savoir. Elle me paiera dès qu’elle en aura la possibilité.

Puisque je ne me suis pas contentée de lui mettre un 1 au BB de ProZ, mais que je l’ai assorti d’une déclaration de non paiement, la dame réagit par la

TENTATIVE 5 : Menaces de poursuites judiciaires ! 

Ah ben non, ça ne s’invente pas. Mais il faut la comprendre, elle travaille pour une boîte américaine et, là-bas, ils sont très chatouilleux… quand même, la pauvre E. se sent, par ma faute, harcelée et traînée dans la boue.

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Conclusion : pour un travail livré le 9 décembre 2012, nous voici début mai 2013 et toujours pas de paiement en vue. Par contre, je ne devrais plus communiquer qu’avec son service juridique (dont personne n’a jugé bon de me transmettre les coordonnées) et. ProZ a évidemment bloqué mon appréciation au BB dans l’attente de la preuve formelle que je suis dans mon bon droit (toutes preuves rapidement fournies, grâce à notre organisation sans faille), mais bon, ProZ est frileux, nous le savions déjà !

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Et donc, on attend.

Après une quinzaine de jours, tout est rentré dans l’ordre. Je doute cependant que nous travaillions encore ensemble. Le paiement dû nous est parvenu et nous n’avons évidemment plus eu aucun contact avec le pseudo service juridique (une traductrice juridique qui travaille en collaboration avec l’agence).

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Plusieurs semaines plus tard, j’ai même été contactée par E. sur LinkedIn. Elle me demandait de rédiger une recommandation pour son agence… Moment de perplexité, éclat de rire… et évidemment corbeille.

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