Échanges de bons procédés, Starling

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Vous croulez sous les traductions. Vous connaissez un(e) collègue qui peut vous aider. Mais il n’est pas toujours facile de déléguer. Pas forcément facile de travailler pour un(e) collègue non plus, d’ailleurs.

Vous ne voulez pas refuser un travail mais vous n’avez pas le temps (ou les compétences) nécessaires pour mener cette commande à bien. À moins que vous ne soyez justement le/la gentil(le) collègue qu’on contacte pour dépanner. Vous aimez travailler en équipe. Vous voulez trouver quelqu’un avec lequel échanger des relectures. Mais vous vous posez des questions.

Alors, collaborer avec des collègues, oui, non, comment, pourquoi, avec qui, à quel prix ?

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Personnellement, je me suis posé ces questions à maintes reprises. N’oublions pas que cet échange fait intervenir deux parties : l’offre et la demande.

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L’offre : Disponible, je mets mes compétences à la disposition d’un(e) collègue. Cela peut recouvrir plusieurs types des prestations : traduction, relecture bilingue complète, relecture simple, recherche de terminologie, …

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La demande : Surchargée, je décide de faire appel à un(e) collègue pour m’apporter une aide précieuse afin de boucler tous mes projets dans les temps.

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En soi, cela semble simple : je te rends service, tu me rends service. Nous devrions donc trouver un terrain d’entente, d’autant plus facilement si nous nous connaissons. Et pourtant, mieux vaut rester vigilant et fixer des règles claires car l’échange de bon procédés, l’histoire nous l’a montré, n’est pas toujours anodin.

Échange de bons procédés, Starling.
Échange de bons procédés, Starling.

Pour l’offre, les seules questions à se poser sont les mêmes que pour toute autre commande. Ai-je le temps et les aptitudes nécessaires pour réaliser ce travail ? Ai-je envie de travailler avec ce client ? Nous aborderons plus loin le sujet du paiement ou de l’échange de services.

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Pour la demande, puisque nous ne sommes généralement pas habitués à cette position, il convient de réfléchir plus avant.

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Quels services ? Si je suis surchargée de travail, je peux faire appel à un(e) collègue soit pour sous-traiter une traduction (attention, le client nous fait confiance personnellement. Il sera donc important de s’assurer que nous avons son autorisation pour sous-traiter et de vérifier la traduction avec soin). Mais je peux également demander une relecture. Dans ce cas, je ne gagne du temps que sur la dernière relecture mais elle bénéficie d’un regard neuf. Cela peut se révéler nécessaire en cas de traduction pour un client direct puisque nous assurons un service TOTAL dans ce cas. Aucune agence pour relire derrière nous.

Pour gagner du temps, je peux aussi demander à un(e) collègue de rechercher pour moi une série de termes qui me semblent obscurs, en lui fournissant par exemple le document à traiter dans lequel les mots à rechercher seront surlignés.

Dans le cas où un client nous demande de lui fournir un travail dans un domaine ou une paire de langues (ou plusieurs) que nous ne maîtrisons pas, pour un projet multilingue par ex., bien que nous ne soyons pas une agence de traduction, nous pouvons faire appel à des collègues mais le risque est toujours plus important puisque nous ne sommes pas à même d’effectuer de nous-mêmes une évaluation du travail. Il est donc primordial de faire appel à un relecteur différent.

Qui vais-je contacter ? Nous disposons tous de contacts avec lesquels le courant passe plus ou moins bien. Au fil des échanges, nous avons pu nous faire une idée de leurs talents, points forts et faiblesses (s’il y en a). Personnellement, j’ai eu l’occasion de me lier d’amitié ou de développer des rapports personnels avec des collègues qui travaillent dans les mêmes langues que moi ou dont la langue source est différente et dont je sais qu’ils sont très professionnels. Même si ces personnes de confiance ne sont pas intéressées, disponibles ou concernées, elles peuvent peut-être recommander un de leurs contacts. Dans ce cas, il doit être clairement établi que notre contact ne supporte AUCUNE RESPONSABILITÉ ! Il n’est qu’un intermédiaire entre deux personnes qu’il pense de confiance.

Enfin, nous pouvons placer une offre sur un groupe de traducteurs auquel on est abonné. Là aussi, il est possible de faire appel aux recommandations.

Évidemment, nous pouvons contacter directement un collègue via n’importe quel annuaire mais cette approche est la moins personnelle et elle ne permet pas de recueillir l’avis de collègues.

À quoi dois-je être attentif/ve ?

Sans sombrer dans la paranoïa, il convient de préserver nos clients. On ne met évidemment pas un sous-traitant en contact direct avec le client.

Même si la traduction que je fournis au client a été effectuée  par un autre traducteur, j’en suis la seule responsable face au client.

Je dois avoir les fonds disponibles pour payer mon sous-traitant, même si le client ne me paie pas, ou me paie en retard. Je prends donc un risque financier !

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Parlons prix : Comme je viens de l’indiquer, le demandeur encourt plusieurs risques (sur la qualité du travail, le respect des délais, le non-paiement, …) dont il sera seul responsable envers son client ou son sous-traitant. De plus, son travail administratif et de vérification lui prend du temps. Enfin, c’est lui qui décroche le contrat, qui est en contact avec le client. Pour toutes ces raisons, il me semble logique qu’il perçoive une rémunération. Il devra en tenir compte lors de la négociation avec le sous-traitant.

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Pourquoi ne pas se contenter d’échanger nos services ? Entre collègues, d’autant si nous nous connaissons bien, pourquoi se payer les uns les autres ? Il serait plus simple de se rendre des services mutuels. À quelques détails près : comment s’assurer que l’échange est équitable ? Et si l’un des deux n’est pas content des prestations, gratuites, de l’autre ? Des amitiés peuvent être mises à mal par des accords approximatifs et les abus qui en découlent.

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Les solutions que je propose :

– Le sous-traitant fournit un service pour lequel il est habituellement rémunéré. Pour qu’il considère le travail avec le sérieux nécessaire, mieux vaut qu’il soit rémunéré. Dans le cas d’un échange de services entre traducteurs, pourquoi ne pas se mettre d’accord sur un tarif minimum ? Ainsi, il y aura quand même un véritable rapport client-fournisseur de service et le « client » conservera une marge pour les risques et travaux administratifs. D’autre part, les rôles pourront s’inverser aux mêmes conditions ou du moins sur une base équitable. Ainsi, tous deux peuvent se rendre service mutuellement, recevoir une rémunération (même si elle est inférieure au tarif habituel) et faire appel à l’autre à un tarif préférentiel.

– Le sous-traitant ne peut en aucun cas supporter le non-paiement du client final. Pour éviter cela, le demandeur peut, s’il dispose des fonds nécessaires, payer le sous-traitant à la livraison (à 7 jours) et ainsi éviter tout problème relationnel. Sinon, ils peuvent tous deux convenir d’un délai de paiement plus long mais le demandeur devra impérativement s’assurer de le respecter. Mieux vaut payer dès qu’on en a la possibilité que de mettre en péril une relation durable.

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Avez-vous déjà eu recours aux services d’un(e) collègue ?  Qu’en pensez-vous ? À quoi, selon-vous, faut-il être particulièrement attentif ? Vous travaillez parfois pour des collègues ? Comment se déroule cette collaboration ? Quels sont les pièges à éviter ?

2 Réponses

  1. Il me semble que dans le cas d’un échange entre collègues, voire amis traducteurs, il vaut mieux s’en tenir à des échanges d’argent plutôt que de proposer échanges de services gratuits (sauf si la situation est exceptionnelle).
    À cela plusieurs raisons : d’abord, un travail payé se mérite, quel que soit l’état de la maison, les cris du gosse ou l’horaire de début des Anges de la téléréalité. Même une personne de bonne foi, surchargée de responsabilités, se laissera sans doute aller un peu plus si son travail n’est pas payé. La perspective d’une assistance future en retour ne me semble pas suffisante à motiver la bonne exécution du contrat dans toutes le situations. Je ne dis pas que l’argent, c’est la panacée… Mais disons que cela place le contrat dans un cadre strictement professionnel, ce qui est déjà mieux que rien. Garder des règles strictes, c’est aussi préserver son amitié avec le collègue…
    De plus, si le collègue est un ami, cela ne regarde que le traducteur. Aux yeux du client, il sera un sous-traitant. Que penser d’un sous-traitant que l’on ne paye pas ?

    • Tu as raison, Chahine, lorsqu’une tâche est accomplie gratuitement, la motivation n’est pas la même et, parfois, on peut être tenté de ne pas lui accorder l’attention qu’elle nécessite. Et, comme je le dis plus haut, si l’on fonctionne sur base d’échange de corrections par exemple, il n’est pas toujours facile d’équilibrer le travail des partenaires.

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