Chaque fois qu’il sort en guindaille, il se prend une de ces douffes !

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Oui, je sais, ce n’est pas vraiment politiquement correct mais, de mémoire de liégeoise, c’est traditionnellement vrai..

Liège est une cité estudiantine et, dès octobre, commence la période des baptêmes. De nombreux étudiants passent à cette époque bien plus de temps dans les rues du Carré (quartier de Liège célèbre pour ses brasseries et ses beuveries) que dans les amphithéâtres.

Pas très frais, plutôt malodorant, mais souvent bon enfant, voilà l’état général dans lequel on retrouve le quartier et les étudiants qui le fréquentent.

Ainsi, des centaines d’étudiants perpétuent le folklore estudiantin liégeois depuis plus de 150 ans. Traînant en tablier dans les petites rues de la Cité ardente.

Une fois baptisés (ou bizutés), les jeunes bleus ont l’honneur et le privilège de porter fièrement la penne (casquette à longue visière témoignant du rituel) qui, comme leur tablier, va rapidement être personnalisée.

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Mais alors, une douffe, qu’est-ce que c’est ?

C’est une biture, une bonne cuite, un état d’ébriété largement avancé. Ça, à Liège, on connaît.

Une guindaille, c’est une fête estudiantine, souvent bien arrosée, mais cela s’applique aussi aux virées entre amis.

(J’ai écrit « souvent » ? Je pensais « inévitablement » 😉 )

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Les Liégeois sont de grands fêtards, c’est certain, mais toujours dans la bonne humeur ! C’est probablement ce qui, en plus des nombreuses formations universitaires, attire autant d’étudiants étrangers… dont beaucoup de Français.

Que l’on vienne de Mons, comme François Pirette, de Liège, de Louvain-La-Neuve, de Verviers, de Charleroi ou de n’importe quel coin de Belgique, ce sketch nous parle inévitablement. Et vous, amis Français, cela vous évoque-t-il des souvenirs ?

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François Pirette – Le baptême

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Allez un petit à fond* avant de partir ?

* action de boire sa bière d’une traite. Les étudiants affonnent. Si, si, ils conjuguent le verbe affonner ! (Le verbe peut d’ailleurs s’écrire avec un ou deux « f », mais ils ne vident qu’un verre à la fois)

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2 Réponses

  1. Merci Manuela pour cette explication culturelle et linguistique. Même si cela peut paraître risible au premier abord pour un francophone de France, on se rend vite compte que la langue française est encore bien plus riche que ce que l’on peut imaginer.

  2. Tu as tout à fait raison, Aurélien. La langue française est à la fois riche et variée. Rien qu’en France, de nombreuses expressions sont complètement différentes selon la région (et je ne parle pas des territoires outre-mer). Sans compter qu’on parle le français en Belgique, en Suisse, au Canada, mais aussi dans de nombreux pays d’Afrique (Bénin, Togo, République du Congo, Côte d’Ivoire, Niger, …), en Haïti, au Tchad, en Louisiane, au Val d’Aoste,… Bref, un peu partout dans le monde.
    Autant dire que les formulations varient ;-).

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